Délit de boisson

Les flics planquent de nuit dans leurs véhicules banalisés, le talkie dans une main, le donut choco-noisette dans l’autre.
Les flics poursuivent les méchants, les violeurs, les trafiquants.
Les flics contrôlent, les flics sécurisent, les flics sifflent : la régulation de la circulation, mais aussi les mojitos. Whisky, ballons de rouge, vodkas, Caipirinha…
Dans le contexte de crise actuelle, il convient de se donner du courage face à la pression de la rue.
Le Ministère de l’Intérieur aurait-il alloué un budget à une nouvelle fonction ? Cette annonce déclare en tout cas l’Etat d’ivresse.
Désormais, dans les commissariats, vous trouvez des :
Barman / Barmaid
Métier du ROME G1801 – Café, bar brasserie
VOUS ASSUREZ LE SERVICE ET LA GESTION DU BAR DANS LES LOCAUX DE LA GENDARMERIE (GESTION DES STOCKS, ENCAISSEMENTS, SERVICE..).VOUS ETES DE NATIONALITE FRANCAISE OU D’UN AUTRE ETAT DE LA COMMUNAUTE EUROPEENNE,VOUS JOUISSEZ DE VOS DROITS CIVIQUES(DOSSIER A TELECHARGER RUBRIQUE RECRUTEMENT)
Salaire indicatif
HORAIRE 9,19 Euros (60,28 F)
FORCLUSION: 12/12/11
Durée hebdomadaire de travail
38H00 HEBDO
Source Pôle Emploi.
Ce qui va changer ? Pas grand-chose, hormis la célèbre injonction policière : “Circulez, y’a rien à boire”, vouée à disparaître.
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(Mal)formation

Un contact avec Pôle Emploi est toujours une aventure.
Cela faisait longtemps que je n’avais pas livré d’épisode. C’est parti :
Aux dernières nouvelles, j’étais entrée en formation mi septembre. Jusqu’à juin 2012. J’avais fait remplir mon formulaire AISF d’entrée en formation par Pôle Emploi. Puis je l’avais porté à l’école pour signature. Puis ramené à Pôle Emploi.
Ma conseillère me l’avait renvoyé par la poste, dûment signé par tout le monde. C’était le paradis.
Dessus, elle avait collé un post-il : “SURTOUT, NE VOUS DECLAREZ PAS EN FORMATION A LA FIN DU MOIS, LORS DE L’ACTUALISATION, TANT QUE VOUS N’AVEZ PAS RECU L’ATTESTATION D’ENTREE EN FORMATION”.
Sagement, j’ai attendu ce foutu papelard tout le mois de septembre. A la fin du mois, voyant qu’il n’arrivait pas, je me suis déclarée “pas en formation”. Nous voici fin octobre, toujours rien. J’appelle le 3949, on me dit de sonner ma conseillère.
Je lui envoie un mail, lui disant que je n’ai pas reçu le papier.
Elle me répond :
1) Vous aviez dû recevoir une attestation de rentrée en stage de la part de Pole-Emploi de la rue Friant et que vous n’aviez pas retourné. Ce qui risque de bloquer.
Là, j’essaie de réexpliquer que NON justement, je ne l’ai pas reçu, en fait.
2)  Ensuite, vous recevrez une « attestation de fin de stage » de la part de Friant et aussi vous deviez vous réinscrire à Pôle-Emploi afin de revenir dans mon portefeuille en « Catégorie 1 »
Si je comprends bien, je recevRAI, au futur, donc, une attestation de fin de stage (quand il sera fini, c’est-à-dire en juin). Mais je devAIS me réinscrire à Pôle Emploi (dans le passé ? quand ? qu’ai-je fait de mal ?)
Donc, vérifiez bien si vous aviez rempli et retourner le document que Friant vous a envoyé avant de recevoir courrier de « changement de catégorie » svp.
Je ne l’ai pas reçu, en fait. (BIS)
Sur ce, elle m’a appelée (je mesure mon bol, ma conseillère m’appelle). Elle a encore essayé de me faire comprendre que j’avais bien reçu le papier, mais que j’avais pu le prendre pour une pub.
(rire jaune poussin).
Elle m’a alors dit qu’elle me croyait. (Ouf). Et m’a conseillée de joindre le 3949, rubrique “indemnisation”.
J’ai appelé. J’ai tapé “5″ (“info”, car “indemnisation” n’existe pas). Le préposé m’a proposé de me passer quelqu’un d’autre, “au placement” (l’inverse de l’indemnisation).
J’ai attendu. J’ai eu la personne du placement.
Très empathique, il a convenu qu’ils avaient quelques bugs. Mais il ne pigeait pas que c’était le pôle de la rue Friant qui devait m’envoyer le papier “puisque tout a été rassemblé au même endroit” ?
Le petit plaisantin a même été jusqu’à dire que Pôle Emploi cafouillait parfois avec son “service après-vente”.
Il m’a passé quelqu’un d’autre du service “info”, en espérant que je ne serai plus “trimballée comme une balle de ping pong”. Il a même croisé les doigts. (Pôle Emploi revient, dans ses méthodes, à un certain archaïsme, mais qui sait, sur un malentendu, ça peut marcher).
La dame qu’il m’a passé m’a dit que je n’étais nulle part marquée en formation. Que le service avait dû recevoir le formulaire mais prendre du retard.
Que je devais attendre jusqu’à mi novembre et recontacter ma conseillère si pas de papier d’ici là.
Au niveau de l’actualisation, je lui ai demandé ce que je devais déclarer pour octobre.
Sa réponse, limpide : “que vous soyez déclarée en formation ou pas, de toute façon, il faut absolument que vous ne le disiez pas. Sinon, on va croire que vous avez commencé une seconde formation sur la première”. Hempf. SOS.
Mais what the fuck bordel ?
Je lui signale que j’ai parlé à trois personnes, et récolté trois sons de cloche différents.
Elle me répond, hilare : “vous savez, c’est comme quand vous allez chez le médecin. Vous allez voir trois médecins différents, vous aurez trois diagnostics différents”. Ah bah ça, ça me rassure, nouillasse.
J’essaie de lui faire piger qu’elle est bien sympa mais que les diagnostics rapportent rarement. Dans mon cas, y’a juste mon paiement qui est en jeu. Mais c’est pas grave.
Ma mission maintenant : attendre ce foutu papelard, ne surtout pas le confondre avec un prospectus Conforama (gros risque, effectivement), puis le renvoyer.
Puis, en fin de mois, me déclarer en formation dans le questionnaire préliminaire, mais ensuite, ne pas me déclarer en formation dans le questionnaire plus creusé.
D’ici là, j’aurai certainement terminé ma formation.
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Jamais contents

Si les journées étaient aussi longues sur Terre que sur Pluton, j’aurais peut-être une chance de mettre ce blog à jour plus souvent. Bien maigre excuse, rapport à ce que j’avais dit : “quand je reprendrai une activité, je ne cesserai pas pour autant de me révolter sur cette tribune”.
Mais voilà, le temps passe et presse.
En attendant, voici une illustration à se mettre sous la dent, par princesseh.

 

 

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Rentrée solaire

Je vous écris d’une salle de cours. Au milieu des trousses, des stylos, des cartables, de la feuille d’appel et du tableau.
Mon prof principal est sympa, les autres élèves aussi. C’est ma nouvelle école.
Excepté qu’à la récré, point de Princes de Lu ni de Figolu, les goulus s’éclatent au café moulu.
La cour est une terrasse sur laquelle on se prélasse, et où viennent s’aérer les fumeurs de la classe.
Mon cahier est un Mac. Énorme, blanc, brillant, d’au moins 3000 pouces.
Je suis excitée comme un jour de rentrée. Heureuse de faire enfin ce que toujours j’ai voulu faire ; d’humeur solaire. (Oui bon ça va, on sait que le journalisme est en perdition, et que tout bientôt, ma recherche boulot, ce sera l’hiver…)
Mardi, j’étais salariée. Hier, chômeuse. Aujourd’hui, je suis “étudiante”.
Enfin, pas tout à fait. “Demandeuse d’emploi en formation”.
L’âge de raison ?
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Calligrammes

Je ne sais pas vous, mais moi, je trouve les rédacteurs hyper has been.
Regardez les autres métiers : ils ont tous évolué : le conducteur de locomotive pilote des TGV, l’agriculteur fauchant jadis les blés regarde maintenant ses machines moissonner (et accessoirement passe à la télé).
Et le rédacteur ? Pendant ce temps-là, il lambine, accoudé à son stylo dans son champ de mots.
Il n’a pas modifié ses outils d’un iota. Pas bougé d’une virgule.
Il ne s’est jamais jeté à l’O, et n’a pas fini de mâcher ses mots. Il pédale dans le potage, se raccrochant comme à une bouée à l’une des lettres d’une soupe alphabet.  De quoi en rester bouche B.
Mais heureusement : “AC !” semble hurler cette entreprise à travers l’intitulé de son offre d’emploi. Elle a de quoi redécorer le dictionnaire, tout foutre en l’R.
JOURNALISTE REDACTEUR d’IMAGE (hf)
“Rédacteur d’image”, imaginons ce que les recruteurs peuvent bien attendre des postulants : maîtrise de la métaphore filée ? composition textuelle sans les mains mots ?
Vu comme ça,  en tout cas, les candidats semblent invités à (d)écrire droit…
…ou pas, si l’on en croit Apollinaire : poète visionnaire, puisque rédacteur d’image bien avant l’heure :
Et la véritable offre de “REPORTER d’image”, bien entendu, dans le contexte, elle est.
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Coquillages, chômage et crustacés

En l’absence d’offres rigolotes ou de détails sordides d’entretiens sanglants, voici, une fois n’est pas coutume, un petit texte (je n’appellerai pas ça “nouvelle”, ça a plus le format d’une dépêche AFP !). Même s’il met en parallèle le cancer et le chômage, notons que je l’ai écrit avant la célèbre citation : “L’assistanat est le cancer de la société française”. Je suis donc prête à accuser ce cher Laurent Wauquiez de plagiat.

La première fois que j’ai eu maille à partir avec un crabe, on chassait l’étrille au filet. J’avais 6 ans, et j’étais parti à la pêche dans les rochers à Mesquer-Quimiac.
Puis à 22 ans, au mariage de ma cousine à la mer : en entrée, “délices marines”, le tourteau n’avait qu’à bien se tenir. Surtout à cause de moi, qui me contentais de le démembrer pince par pince, pour passer le temps.
Hormis en surimi, je déteste le crabe.
Puis le crustacé a investi mes cellules. Il s’ébat dans ma lymphe à défaut de trou d’eau. Et bien malin qui l’attrapera à l’épuisette ou le mettra dans une assiette.
C’est arrivé à peu près au moment où j’ai arrêté ma recherche d’emploi.
J’ai repassé des examens pour entrer en école de cinéma.
Mon médecin m’en a prescrit d’autres, sanguins, ceux-là.
Mes globules rouges m’ont sorti le grand spectacle : biopsie, leucémie, chimiothérapie en pyrotechnie.
Quand l’oncologue m’a convoqué, j’ai bien tenté de refuser le poste, de dire que les missions n’entraient pas dans mon champ de compétences, que je ne me sentais pas à la hauteur. Rien à faire. Je décrochai le job, chef de projet Cancer.
Je me suis renseigné sur l’employeur. L’imbécile est incapable de pivoter. Ses virages tournent court.
Je rentrai à la maison, me demandant comment un animal que sa physiologie empêche de tourner peut ambitionner une Grande Boucle dans mon organisme.
Au bout de 6 mois, j’en ai eu marre de lutter.
J’ai simplement démissionné et refait mon CV.
A nouveau au chômage, mais mon crabe est parti. Il a fait ses bagages, je suis guéri.
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Mauvaise volonté

Parce que c’était lui, parce que c’était moi.
Aujourd’hui, récit d’un rencard. Pas n’importe où : dans un hôtel de luxe. Pas avec n’importe qui : le directeur de publication d’un groupe de presse dont j’ai parlé dans les articles précédents.
Vous frétillez déjà, hein ?
Mais ne voilà que le récit de mon dernier entretien d’embauche.
Dès le départ, je n’étais pas dans les meilleures dispositions d’esprit qui soient pour affronter le bonhomme.
Peut-être était-ce dû à la fatigue (j’avais fait un aller-retour en province la veille pour passer un concours de journalisme et je venais de m’enquiller par-dessus une journée de boulot).
Peut-être était-ce la légèreté de cet homme, qui, en-dehors de m’avoir convoquée à l’hôtel (huhu), m’a faite poireauter 35 minutes.
1) L’attente
35 minutes, c’est long, en particulier quand il s’agit d’un palace et que 5 grooms tournicotent autour de vous, alertes, sautant sur la moindre occasion (un regard perdu en trop, des “100 pas” mal calculés), pour vous proposer leur aide.
Désœuvrée, je ne pouvais que leur répondre que j’attendais quelqu’un,  et qu’à part ma tête et mes 2 bras, je n’avais pas grand-chose à leur faire porter.
Résultat, je me suis retrouvée à arpenter en long en large et en traviole un parcours ciblé comprenant 2 piliers et la porte tournante, entre dehors et dedans, sortant lorsque le personnel me fixait un peu trop longtemps, revenant sur la pointe des pieds lorsque le client qui fumait son gros cigare en terrasse me détaillait d’un œil suspect.
Au bout de 10 minutes, ne le voyant pas arriver et mon téléphone continuant de somnoler, je décide d’appeler sa rédaction : une nana me répond, parvient à le joindre et me dit qu’il aura 15 minutes de retard et qu’il est “désolé”. En passant, étant en pleine possession de mon CV et de ses moyens, il aurait pu me passer un coup de fil.
C’est donc, en tout, non pas 15 mais 35 minutes que j’ai patienté, jusqu’à voir arriver un homme pendu au téléphone et qui s’est arrêté à 5 mètres de moi pour terminer sa discussion sans me faire aucun signe pour m’indiquer que c’était bien lui et qu’il arrivait.
C’était lui. Il m’a emmenée dans le bar de l’hôtel (aussi calme que peut être un bar à 19h, ambiance tout à fait adaptée à un entretien d’embauche), et on a démarré l’entretien.
Son retard à l’allumage ne l’a pas du tout empêché de se montrer très cohérent et solide dans sa ligne directrice, et je l’ai trouvé réglé comme une horloge de précision : plusieurs fois il m’a expliqué sa vision des choses et l’évolution de son entreprise avec moult schémas, flèches, carrés…j’avais l’impression que son cerveau avait été formaté avec Indesign.
Mais quand je dis “précis”, je ne déconne pas : un autre grand moment, lorsqu’il m’a offert à boire. J’ai demandé un co*a. Il est revenu bredouille. Ben oui, il n’y avait que du Pespi, alors dans le doute, il a préféré s’abstenir (et prévenant, avec ça). Au final, j’ai eu mon Pespi.
Cela dit, de temps en temps, la minuterie de toute pendule, si précise soit-elle, peut s’arrêter  (ou du moins s’emballer) : pendant les 1h30 qu’a duré l’entretien, il m’a interrompue 2 fois pour prendre des appels en s’excusant à peine.
2) Le rencard
Jusqu’ici, on a l’impression que je raconte mon rendez-vous galant du samedi, alors je vais entrer dans les détails professionnels : on a donc parlé boulot, peu ou prou des mêmes choses dont j’avais discuté lors du 1er entretien avec une de ses salariées, journaliste (celle qui deviendrait ma boss directe en cas d’embauche).
Si ce n’est qu’il a davantage détaillé et m’a sorti un inventaire de tous les termes que je rêve de trouver dans un boulot : “chiffre d’affaires”, “marques”, ou encore “clients”. Pour du journalisme, il se posait là.
Autant sa sous-fifre avait réussi à noyer le baleineau sous le gravier de la carte de presse et du CDI, autant le grand patron m’a donné autant envie de foncer sur ce poste que de prendre un rendez-vous chez le dentiste pour une extraction de molaire sans anesthésie.
3) La déclaration (ou “cerise sur le Pespi”)
Attention, si jusque là vous aviez lu en diagonale, il s’agit de faire une pause, et de lire de façon totale et complète tout ce qui va suivre :
On en était au point où on allait conclure. Je lui avais donné mon avis sur le community management et la façon de faire vivre une marque déjà établie de manière “psychologique et intègre”, il m’avait répondu que des 4 candidats encore en lice, c’était la vision la + intéressante qu’il avait entendue.
On en était clairement au moment M, celui où t’es en bas de ton immeuble avec le mec que t’as rencontré à la soirée S, et où t’attends qu’il te montre qu’il attend que tu lui proposes peut-être éventuellement un dernier verre et où il attend que t’attendes qu’il fasse semblant de réfléchir avant de te répondre, faussement détaché “pourquoi pas ?”.
Bref, j’attendais qu’il cause salaire.
Il m’a demandé combien je voulais. Restée fixée sur ce que m’avait dit sa subordonnée (1500 net) j’ai répondu un peu plus. 1700, 1800 net, qui me semblaient corrects en regard des compétences exigées. Il m’a dit qu’il voulait me donner moins. Moi, naturellement, j’ai pensé aux fameux 1500. Et bah il m’a annoncé “1800 brut” (environ 1400 nets pour les intimes). Sachant qu’il n’y avait “pas vraiment d’horaires” et qu’en gros je pouvais arriver à 10h tant que je pouvais sans problème rester jusqu’à 22h.
Comme je n’avais plus grand-chose à perdre, je me suis exclamée : ” Vous me proposez vraiment 1800 euros brut pour tout ce que vous demandez ???”. Et lui, le regard planté dans le mien, la bouche résolue, la tête haute, plus sincère qu’un Roméo à sa Juliette, il me sort une phrase qui deviendra culte :
“Vous savez, moi, je crois à la bonne volonté”.
Là, notre histoire était cuite. Le reste n’a été qu’une longue dégringolade vers une fin programmée. Rien n’a permis de rattraper le coup, pas même quand il m’a parlé des voyages de presse, des invitations de certains clients dans des pays lointains, rien ne m’a plus retenue : ni la fameuse carte de presse, ni la mutuelle avantageuse, ni les tickets resto.
J’ai préféré suivre ma cohérence. Sortir de la pub, ce n’était pas pour y revenir, encore moins sous couvert de pseudo journalisme, encore moins dans ces conditions.
En partant, il m’a demandé un petit exercice à lui rendre par mail, concernant une stratégie marketing à mettre en place sur les réseaux sociaux. Bluffé par mon mitonnage sur l’authenticité et la psychologie de marque, il m’a incitée à le lui répéter par écrit, en m’assurant que j’avais déjà tout dit.
4) La rupture
J’ai mis un peu de temps à prendre ma décision, à “refuser” un CDI qui de toute façon ne m’avait pas été vraiment proposé (nous étions encore 4). Je me suis sentie coupable, après tant de chômage. Commettais-je, quelque part, un crime de lèse-majesté, de mauvaise volonté ?
Et puis j’ai repensé à ce qu’avait dit Aude Rossigneux : “On culpabilise les demandeurs d’emploi en leur disant : « vous touchez des indemnités ». Oui, ils touchent des indemnités, mais ils ont cotisé pour, c’est pas de l’argent volé ! Et on considère qu’ils seraient obligés d’accepter n’importe quoi. Bah non. Et je ne vois pas pourquoi avoir un boulot qui plaît serait forcément réservé aux gens qui ont les moyens.”
Finalement, j’ai pris tous les magazines qu’il m’avait donnés (qui contiennent + de pub que d’info) et je les ai foutus sans état d’âme à la poubelle.
Quelques jours plus tard, je lui ai écris mon mail : j’ai parlé de valeurs d’intégrité, d’authenticité, mais en précisant qu’avant de les appliquer à sa marque, je me devais d’abord de les cultiver de manière privée. Que je devais être honnête avec moi-même. Je lui ai dit que je n’avais aucune envie de bosser pour lui. Évidemment, en des termes enrobés, policés.
Je n’attendais pas une réponse de sa part, mais peut-être une réaction, du type : “je prends note, dire que je vous ai payé un Pespi pour rien, c’est pas classe”.
Son absence de réaction m’a confortée. Je me suis dit que son attitude devait être révélatrice de son comportement au boulot. C’est-à-dire pas vraiment dans l’échange.
Et notre relation s’est terminée comme elle avait commencé. Sur la pointe des pieds.
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