Auto-entrepreneur, c’est chic…

Ahhhhhhhhhhhhhhhhhh autoooo-entrepreneuuuuuuur, une promesse de rêve, d’idéal, de suprême félicité.

Cet article sera découpé en 2, parce que sinon, certains vont y laisser leurs neurones.

Pour info, j’écrirai parfois “AE” pour “Auto-entrepreneur”, histoire d’économiser mon clavier.

“Introduction” ou “balade champêtre”

A ce stade de la lecture, vous appartenez à l’une ou l’autre de ces catégories :

1) Le statut vous dit vaguement quelque chose, on vous en a parlé, on vous l’a même peut-être proposé, mais vous ne pigez rien.

2) Vous êtes un auto-entrepreneur heureux, ou bien vous cherchez désespérément à vous en sortir.

3) Vous n’êtes pas concerné(e), mais vous faites une pause au boulot avant la réunion avec Schmitt, et je n’ai pas intérêt à vous endormir parce que la machine à café est en panne.

J’avoue qu’on n’a pas vraiment l’occasion de se dézinguer les méninges sur le sujet si l’on n’y est pas confronté, à moins d’être un fervent masochiste.

De mon côté, je n’avais rien de spécial à faire, mes poneys étaient brossés, rangés au pré, ma pâte à sel cuisait, alors je me suis plongée dans les affres de l’auto-entrepreneuriat.

Bon, c’est vrai, au cours de mes recherches d’emploi, j’en entendais de plus en plus parler, et on me l’avait clairement proposé 2 fois, pour des postes de rédactrice.

Afin d’embrasser au mieux cette nouvelle carrière, lui rouler la pelle du siècle,  en quelque sorte, il fallait que je puisse émettre des factures, raison pour laquelle on m’a chaudement recommandée de me mettre en “free lance”. A tel point que ç’en est devenu suspect. Avouez que le : « Facile, t’as qu’à te mettre en free lance » balancé à tout bout de champ finit par éveiller la curiosité. Jusqu’alors, je pensais bêtement que le monde était divisé en 2 catégories : ceux qui cherchent un boulot en CDI ou CDD, et ceux qui se mettent à leur compte, les fameux « free lance », démarchant les entreprises avec leur book. Alors des gens qui me proposent, voire m’ordonnent, de me déclarer « free lance » afin de mieux bosser pour eux, je me suis demandée quel épisode j’avais loupé. En réalité, et je l’apprendrais plus tard, j’avais une saison entière de retard.

Me voila donc partie me renseigner sur le statut juridique et fiscal du free lance.

Pour résumer, « free lance », c’est se mettre en indépendant afin de démarcher soi-même sa clientèle et de lui facturer des biens ou des services. Se mettre à son compte, quoi. Il y a 1000 et une façons d’être free lance et autant de cotiser, et ne comptez pas sur moi pour tout développer, d’abord parce qu’il me faudrait 109 ans pour tout comprendre, ensuite, parce que je ne tiens pas à vous perdre en route.

Toujours est-il que, dans mon cas, la voie royale de mon indépendance était apparemment l’auto-entrepreneuriat, système de lancement ultra simplifié avec plantage limité, risques atrophiés, employeurs soulagés (d’une partie des charges) et principal(e) concerné(e) plombé(e) (d’une partie des charges).

Les premières informations sont prometteuses : SIMPLICITÉ, FACILITÉ, ACCESSIBILITÉ, des mots qui vous chatouillent la rétine telle la fleur au printemps, annonciateurs d’une balade champêtre.

Mais très rapidement, ma tête a fumé, et j’ai compris que “free lance” n’était un statut ni juridique ni fiscal. Simplement l’arbre sympa et hype qui cache en fait la forêt de l’indépendant.

La jungle de l’auto-entrepreneur.

Imaginez-le, l’auto-entrepreneur, avec ses pompes de Ranger, son fusil d’assaut…vide, et Bagheera qui planque pas loin.

Je vais tenter de vous expliquer simplement le concept. Loin de moi l’envie de vous prendre pour des quiches, mais vu le peu de cheveux qu’il me reste suite à ma tentative d’appréhension du truc, je préfère prendre mes précautions.

La genèse

Au commencement, en 2009, on trouve Hervé Novelli. Hervé, alors secrétaire d’Etat aux PME, a l’idée brillantissime du millénaire : créer un statut destiné aux gens souhaitant créer leur entreprise sans se compliquer la vie avec des numéros de Siret par-ci ou des immatriculations par-là.

Résultat,  on s’embrouille toujours les cheveux en quatre, sauf que cette innovante prise de chou est désormais estampillée : “auto-entrepreneur”.

J’ai commencé prudemment par visiter le site officiel des auto-entrepreneurs. Pour un peu, on s’attend à y trouver un fan club et une boutique de goodies : T-shirts à la gloire de l’AE,  mugs dédiées, etc.

Déception, je n’y ai trouvé que les réponses à mes questions, et surtout, surtout, d’autres, questions. Des dizaines, des centaines, des milliards de nouvelles questions.

En apparence, comme promis, de la facilité, de la proximité (faut bien appâter le chaland), je cite :

« Qu’est-ce que le régime auto-entrepreneur ?

C’est un régime spécifique mis en place depuis le 1er janvier 2009 pour les entreprises individuelles artisanales, commerciales ou libérales qui relèvent du régime fiscal de la micro-entreprise.
Il offre des formalités de création d’entreprises allégées ainsi qu’un mode de calcul et de paiement simplifié des cotisations et contributions sociales et de l’impôt sur le revenu. »

Lu sur d’autres sites :

« L’auto-entrepreneur est avant tout un entrepreneur individuel, inscrit comme tel auprès du Registre national des entreprises (RNE).

Mais, ce qui est nouveau, c’est qu’il bénéficie d’un ensemble de mesures simplificatrices qui lui permettent d’exercer une petite activité professionnelle indépendante :
- très facilement,
- de façon régulière ou ponctuelle,
- en minimisant les coûts administratifs d’immatriculation,
- et surtout en toute connaissance des charges sociales et fiscales qui en découlent.

De ce fait, plutôt que de parler de “statut”, l’auto-entrepreneur peut être qualifié de “régime” ultra simplifié pour exercer une activité indépendante.

Site web de la Chambre de commerce et d’industrie : « Le régime de l’auto-entrepreneur peut être une formidable solution pour se préparer avant de se lancer dans le “grand bain”! »

Site du gouvernement : « Depuis 1er janvier 2009, le régime de l’auto-entrepreneur permet à tous les Français qui le souhaitent de créer leur propre entreprise simplement et rapidement. »

A peu de choses près, on nage dans le bonheur. On dirait une stratégie marketing pour faire baisser les chiffres du chômage. Surtout qu’après s’être farci le site officiel du début à la fin, on ne se dit plus qu’une seule chose : “oh mon dieu mais je ne suis pas auto-entrepreneur, si je ne me secoue pas le derche de suite, je vais rater ma vie !”

Pour parfaire l’argumentaire, voila comment peuvent se résumer les commandements de Novelli :

*Simplifiées, tes démarches d’inscription, seront.

*Exonéré d’impôt, les 3 premières années, tu seras.

*Un max de thune, sans risque et rapidement, tu gagneras (cette dernière phrase est ptet un peu extrapolée, mais c’est en général ce qui découle de la seconde dans l’esprit des jeunes brebis naïves et avides de se lancer).

J’ai donc continué ma pêche à l’info, en grattant la médaille pour chercher son revers.

Et j’ai tout épluché (longues nuits passées sur des forums, visites à de tous jeunes auto-entrepreneurs internés en hôpital psy -ou pas-…) et voici la réalité de  l’AE lambda, qui a le bon goût de tenir en une seule ligne :

*Entuber jusqu’au trognon, tu te feras.

Attention, je ne vais pas dégommer ce régime pour le plaisir, il m’importe juste de signaler quelques bémols qui auront tôt fait de changer la symphonie novelliesque en cacophonie, et qui ont par ailleurs transformé ma promenade bucolique en circuit du GR 20 par temps de pluie et en tongs.

La suite au prochain épisode !

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4 réponses à Auto-entrepreneur, c’est chic…

  1. Cécile dit :

    Quel suspens !
    J’attends la suite avec impatience, on m’a également fait culpabiliser de ne pas avoir choisi le statut d’AE il y a encore quelques jours !
    Mais je connais aussi le GR20, alors prudence ! :)

  2. Amélie dit :

    Novelli et la novlangue ?

  3. Ping : … mais c’est pas automatique. |

  4. Ping : Et plus si affinités |

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