Mon CV

Je suis une fille. Lorsque j’ai créé ce blog, en 2011, j’avais « 26 ans presque et demi un quart, un bac + 5 en information et communication, et la carte de demandeuse d’emploi ».

Nous sommes en 2014. Aujourd’hui, je suis devenue journaliste. Je travaille, même. Mais la précarité reste mon lot quotidien, de quoi me faire sauter de joie en hurlant « BANGA » lorsqu’on me propose 4 jours de travail dans le mois.

A l’origine (ce que j’écrivais ici en 2011) :

« Demandeuse d’emploi » : non que ce statut ô combien valorisant me caractérise entièrement, mais j’ai décidé d’en faire le sujet principal de ce blog, dans un contexte économique extrêmement favorable (au développement du blog, entendons-nous bien).

Je ne travaille plus depuis un peu plus d’un an. Avec un peu de chance poisse, ça va durer encore un peu, de quoi me permettre de nourrir ce site d’anecdotes croustillantes, scandaleuses et carrément hallucinantes. Mon point de vue restera subjectif, mais ce dont je témoigne est la réalité. Notre réalité.

Non, je ne suis pas journaliste, ni la maîtresse cachée de Bernard Thibault. Je ne suis pas non plus un robot, il est possible que je raconte une ou deux grosses bêtises par-ci par-là et oui, vous avez le droit de me le faire savoir.

En plus d’être chômeuse (en poste depuis 2009), je suis rédactrice (d’écriture, haha). Mon métier consiste donc à former des mots avec des lettres, en puisant dans ce merveilleux vivier qu’on appelle « alphabet ».

Je vous passe mes études et mes concours d’entrée ratés en école de journalisme.

Voici mon parcours professionnel :

Après mon Master information et communication, une grande librairie en ligne m’a embauchée via une agence d’intérim, qui m’a vendu un poste de « chargée de référencement de produits culturels », un poste officiellement en totale adéquation avec mon parcours de littéraire. Un poste officieusement en parfaite correspondance avec mon statut d’alors, « jeune diplômée naïve et prête à tout pour monter à la capitale ». J’ai dit oui, et me suis retrouvée à tâter du code-barres, que j’ai copié-collé pendant 6 mois, adhérant à mon ordi telle la coque à son rocher.

Voyant ma matière grise s’assécher comme la mer Morte, j’ai commencé à lancer des lettres de motivation. Des bouteilles à l’amer, mais teintées d’humour noir.

L’une des bouteilles a fait mouche sur un marin, un capitaine dont le navire du marketing fendait les flots de l’océan pubard.

Je suis devenue conceptrice-rédactrice, et pendant un an et demi, j’ai conçu des communiqués afin de livrer des messages, souvent alimentaires, rarement humanitaires.

Au bout d’un moment, le marketing et mes valeurs idéalistes ont divorcé. Et n’ont pas fait de prisonniers. La question du sens est venue me chatouiller. A croire que mon cerveau s’est senti frustré, il ne m’a balancé aucune idée viable. Aucune en un an et demi.

On comprend ainsi aisément pourquoi le capitaine m’a gentiment débarquée du paquebot. Une escale salutaire afin de changer d’air.

Voilà pourquoi j’ai aujourd’hui tant de mal à convaincre un employeur : ma seule expérience « viable » et en cohérence avec le niveau de mon diplôme, concerne un secteur qui ne me convient pas et que j’ai quitté sans regret.

Après un voyage de 3 mois loin et seule, je me suis remise à la recherche d’emploi, en mai 2010.

L’idée brillante m’a alors effleurée d’utiliser mon diplôme en tant que tel et de chercher un poste de chargée de communication.

Seulement, la polyvalence est reine, et la vérité, c’est qu’on demande aux chargé(e)s de com’ des compétences de webdesigner et de graphistes. La rédaction étant la 17ème roue du carrosse. Ben oui, aujourd’hui, ma bonne dame, tout le monde sait écrire, hein, même si on retrouve 23 fôtes d’aurtograffe par ligne dans certains sites, c’est pas grave. L’important, c’est la mise en page, hein.

Malheureusement, 3 ans en fac de com’ m’ont davantage spécialisée sur « l’herméneutique », ou encore « la pragmatique » que sur les liens html : des heures passées à répertorier l’histoire des index, des thésaurus et des sommaires à travers les âges : aussi créatif que la relecture d’un annuaire téléphonique.

Alors, côté webdesign, on repassera. De toute façon, vu mon niveau en dessin et mon sens artistico-graphique digne d’un bigorneau (cuit), on m’a toujours fait comprendre qu’il valait mieux que je persiste à privilégier la rédaction.

J’essaie aujourd’hui de devenir journaliste, avec un diplôme intitulé : « conceptrice-rédactrice de contenu multimédia ». « Conceptrice », si l’on ne tient pas compte de mes incompétences en  conception graphique et en web, ça colle plus ou moins. Il reste le côté rédaction. Donc l’équivalent d’un demi-diplôme.

Si vous vous demandez encore pourquoi je n’essaie pas de me reconvertir et de devenir commerciale, par exemple, je viens de donner un exemple assez criant de ma capacité naturelle à me vendre :).

Toujours est-il que je suis revenue vivre chez papa-maman :

Un mouroir cosy où j’ai vivoté quelques mois les fesses entre deux chaises, gavée d’osso bucco et de veau marengo.

Pour ne pas mijoter à l’’étouffée et mourir à petit feu, asphyxiée par le poids de la passivité, j’ai décidé de créer ce blog.

Je vous invite maintenant, si vos yeux ne sont déjà pas occis par la longueur de cette présentation, à consulter la page Navigation, pour plus d’infos sur les rubriques de ce blog.

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8 commentaires pour Mon CV

  1. ennejy dit :

    Bonne idée, ce blog. Foi de conceptrice rédactrice qui désormais, se plaît bien à enseigner, former et animer des ateliers d’écriture. Avant d’en dire plus, peut-être, je voulais saluer votre initiative.
    Et votre souffle rédactionnel qui, à mon avis, devrait bien séduire quelques agences en mal de « vraie rédaction professionnelle » dont quelques uns oublient qu’il s’agit de bien plus qu’écrire… Agiter les idées, manier les références, structurer, jouer avec les concepts, etc. On pourra en discuter.
    Ceci est donc un humble encouragement et la conviction que vous avez pris un chemin bien plus ouvert et intéressant que le seul but affiché.

  2. karine dit :

    Bonjour 100emploi!
    j’ai lu que Le Mouv’ avait annoncé la non reconduction du contrat de Yassine peu après l’article excellent que vous nous proposiez le 20 mai… clairvoyance quand tu nous tiens!
    Bref, je vous adresse ce message pour vous remercier de m’avoir rappelé toutes mes galères avec un demi sourire voire de franc éclats de rire. Ouais, les entretiens d’embauche ça craint, et je me dit souvent que ces recruteurs aux dents acérées devraient savoir au premier coup d’œil que je suis la bonne personne, sans avoir à l’ouvrir et lamentablement jeter de gros pavés dans la mare de ma décrépitude. Bon au 10 ème, on commence à avoir de l’expérience, bientôt on devient même un expert en entretien, on sait dans quel sens ça va aller au bout de 5 minutes. J’avais même des félicitations sur ma conduite d’entretien sur la fin… quelle looseuse professionnelle!
    De votre côté, j’espère que ce contrat vous apportera ce qu’il doit, et dans l’attente de vous lire à nouveau (j’aurais du collectionner les perles d’offres d’emploi également, mais il n’est jamais trop tard, dans la com’ et la rédac’ en tout cas, pour le reste, je ne suis pas une spécialiste), je vous souhaite d’agréables moments très actifs!

    • La 100emploi dit :

      Ca c’est trop gentil 🙂

      Et trop contente que Yassine ne soit plus sur le Mouv !
      Ca fait plaisir d’avoir des commentaires car c’est trop rare, et j’avoue que, étant en CDD, d’une part je n’ai plus trop le temps de chercher et commenter des offres, d’autre part, le fait de n’avoir pas trop de commentaires ne m’encourage pas (normalement ça ne se dit pas, mais tant pis, j’assume :D)

      Il y a aussi une rubrique « témoignages » si vous pensez avoir un parcours qui mérite de figurer ici ! (rubrique « candidats »).

      Merci encore (en + c’est ma fête aujourd’hui ^^) et très bon courage à vous !

  3. chetoub dit :

    Bravo !!! Le style fouillé et l’humour permettent de donner un peu de légèreté à la cruauté des anecdotes. J’attends les prochaines avec impatience !

  4. I9 dit :

    Je compati tellement, je débute dans la recherche d’emploi, mais j’ai l’impression que cela va durer une éternité. Comme toi j’ai décidé de me créer un blog, sans doute pour donner un sens à tout ça. Même si tourner en rond la journée n’a pas vraiment de sens ^^ Bref on fait avec les moyens du bord 🙂 Au plaisir de lire tes autres articles !

    • Claire dit :

      merci pour le commentaire…et très bon courage. On en sort (je viens de signer un CDI alors les autres articles… :/ on verra !). Continuer à faire des activités et se faire plaisir, ne surtout pas tourner en rond, jamais. C’est pas parce qu’on est au chômage qu’on doit arrêter toute activité, même de loisirs 😉

  5. zarzien dit :

    Un blog très intéressant. Une rédaction séduisante. Un style atypique.
    Je pense qu’on peut enfin le dire : les recruteurs ont de la merde dans les yeux (et dans le cerveau aussi^^).
    bon courage camarade.
    De la part d’un chômeur expérimenté

  6. Terrie Marie dit :

    Ah oui !!! La formation en communication sociale (SIC!) … Moi aussi un bac+4 en 1994… Et qu’est ce que j’ai pu l’entendre la petite réflexion perfide « mais avec ta maîtrise en com, tu dois savoir te vendre ! » Ben non pas plus que les autres, en revanche je sais faire de la recherche, je suis au top de la recherche même 22 ans après, lectures documentés, articles, nouvelles lois, avec un esprit d’analyse et de critiques « constructives »… Mes employeurs mettent tous en place mes préconisations… Une fois qu’ils m’ont débarqués !
    Bizzz

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